PHILIP LE ROY

La nouvelle révélation du thriller Français

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1. VOYAGES AUTOUR DU MONDE

2. LES ARTS MARTIAUX

3. LE ZEN

4. LE CINÉMA

5. LA MUSIQUE

6. LA LITTÉRATURE




VOYAGES AUTOUR DU MONDE

La matière première de mes romans, c’est le monde : source d’émerveillement et source d’emmerdes. J’applique à la lettre la phrase de Confucius « la joie est en tout ; il faut savoir l’extraire ».

J’essaie d’extraire du monde ce qu’il a de meilleur mais aussi ce qu’il a de pire. Mes voyages me permettent de sonder des gisements d’horreur et de beauté. L’infâme et la félicité. J’aime m’immerger dans d’autres cultures, sentir de nouveaux parfums, entendre des langues que je ne comprends pas, voir des visages qui ne me sont pas familiers, goûter une nourriture qui m’enflamme le palais, toucher des épidermes inconnus.

Impossible d’établir une liste exhaustive des moments forts qui ont marqué mes déplacements aux quatre coins de la planète : la traversée en train sur la Barranca del Cobre, le lever du soleil sur le paysage mythique de Monument Valley, la traque de trois guépards dans la vallée du Rift, l’arrivée à l’aurore devant le Taj Mahal ou Abou-Simbel, le vide du Grand Canyon ou le plein de Manhattan, le fog déchiré par le Golden Gate ou la pluie inondant la place Saint-Marc, un pèlerinage sur la colline de Doi Suthep, le regard hiératique et amusé d’un Navajo invisible, la couleur des eaux autour de l’île de Boracay...

La tristesse, elle aussi, est partout, il suffit d’ouvrir les yeux. Au coin de la rue ou au bout du monde, dans l’appartement des voisins qui maltraitent leurs gosses, sur les trottoirs de Manille, de Bangkok, de Paris, Rome ou Berlin, dans les camps de soumission en Europe de l’Est, dans les camps d’entraînement au Moyen-Orient, sur les champs de bataille en Afrique et en Amérique Latine où l’AK-47 sert de Playstation aux enfants... La liste des infamies est infinie, marée noire déversée quotidiennement du tanker de l’enfer pour souiller les rivages de l’Eden.

Les auteurs de thrillers n’ont qu’à se baisser pour ramasser les déchets délétères qui iront noircir leurs romans. Certains vont chercher le crime dans le passé, d’autres dans l’avenir, moi c’est dans le présent que je m’approvisionne.



LES ARTS MARTIAUX

Les arts martiaux sont une philosophie. Un art du comportement, de la posture parfaite, du mouvement précis, de l’esprit libre, de l’énergie, de la conscience, de la respiration juste.

Comme l’écriture, ils exigent un perfectionnement constant. Comme toute philosophie qui définit le rapport de l’homme au monde, ils dépassent l'enceinte du dojo et s’appliquent au quotidien. Rien à voir avec ce que l’on pratique dans un Occident qui n’en a retenu que la technique, ni avec les films de karaté qui en ont fait une caricature. Quelques metteurs en scène asiatiques comme Ang Lee et Zhang Yimou ont toutefois commencé à montrer les arts martiaux sous leur véritable forme.

C’est dans le même esprit que je les ai mêlés à l’écriture. En les pratiquant, Nathan Love parvient à maîtriser le temps, à s’adapter à toutes les situations, à aiguiser ses perceptions sensorielles, à saisir la psychologie de l’adversaire, à faire appel à une intuition qui passe pour un sixième sens… Idéal pour un enquêteur !



LE ZEN

Contrairement aux arts martiaux, le zen n’est pas une philosophie, car celui qui en est l’adepte ne peut être prisonnier d’une doctrine. Ce n’est pas non plus une voie que l’on serait contraint de suivre. Le zen n’explique rien, n’exige aucune croyance, ne se préoccupe ni du bien, ni du mal, ni de la morale, et ne fait aucune promesse. Il est une pierre jetée dans le lac des apparences pour révéler le vide.

Une pierre parfaitement adaptée au thriller où les choses ne sont jamais ce qu’elles semblent être ! C'est la base de la méthode d’investigation de Nathan Love. Comme il l’explique dans La Dernière Arme, l’irréalité des choses ne signifie pas qu'elles sont insignifiantes, mais qu'elles sont exploitables. La prise de conscience du vide nous délivre du karma, du conditionnement, de l'aliénation collective. Elle peut conduire au retrait du monde mais sert aussi à changer les choses. La vacuité n'est pas une perspective, c’est l'origine de toutes les perspectives. Nathan Love alterne entre retrait et implication, chaque engagement de sa part donnant lieu à un roman.



LE CINÉMA

Le cinéma est un autre monde dans lequel j’aime vivre, parce qu’à l’opposé de la planète zen, on y est bombardé d’émotions. Je n’y passe pas vingt-quatre heures par jour comme Quentin Tarantino, mais j'y vis quand même beaucoup. Au cinéma les faits ne sont pas plus faux, ni plus subjectifs, que ceux qui sont présentés dans les médias. En revanche, ils sont plus intéressants, mieux mis en scène et mieux interprétés. Le septième art m’influence donc autant que l’apparente réalité. On me demande souvent de citer les films ou les réalisateurs qui m’ont le plus marqué. Je livre en vrac deux listes totalement partiales et à coup sûr incomplètes:

Meilleurs films :
Fight Club
Incassable
Signes
Seven
Assaut
Reservoir Dogs
La Mort aux trousses
Au revoir à jamais
Miami Vice
Ring
Chinatown
Titanic
Le Choix des armes
Il était une fois dans l'Ouest
Kill Bill
Jackie Brown
Les Enchaînés
Le Secret des poignards volants
Matrix
Mulholland Drive
Hard Boiled


Meilleurs metteurs en scène :
David Fincher
John Carpenter
Quentin Tarantino
Alfred Hitchcock
Hideo Nakata
Sergio Leone
Clint Eastwood
James Cameron
Mel Gibson
Steven Spielberg
John Woo
Joseph Mankiewicz
Paul Verhoeven
Stanley Kubrick
Michael Mann
M. Night Shyamalan
Christopher Nolan
Ridley Scott
Alain Corneau (uniquement pour sa période thriller)



LA MUSIQUE

Dans mon univers, il y a de la musique, sans laquelle, comme le disait Nietzsche, la vie serait une erreur. Le rock, la pop, le blues s’inscrivent sur la bande-son de mes romans. Dans mon premier thriller, je me suis inspiré des Doors pour les titres des chapitres. Dans le second, j’émaille l’action de nombreux extraits de chansons. Dans le troisième, l’un des personnages est un bassiste rock fan d’Oasis. Dans le quatrième, je fais plusieurs fois référence à U2 et à Bono. La musique de mes romans est celle que j’écoute au moment où j’écris, elle participe au rythme, à l'ambiance, à l'éclairage d'une scène ou bien à l’humeur d’un personnage. Difficile d’établir mon hit parade, mais voilà ce que j’écoute en priorité :

The Rolling Stones
Oasis
U2
Radiohead
New Order
Muse
Foo Fighters
The Smashing Pumpkins
Metallica
Moby
The Stone Roses
Ennio Morricone
Franz Ferdinand
John Lennon
Claude Nougaro
The Ramones
Serge Gainsbourg
Ben Harper
Garbage
David Bowie
The White Stripes
Eric Clapton




LA LITTÉRATURE

Mon univers littéraire est beaucoup plus éclectique et moins étendu que mon univers cinématographique. En tête vient Stephen King, mon maître dans ce domaine et auteur du chef-d’œuvre de tous les chefs-d’œuvre : Pet Semetary, où l’on assiste à la lente et impitoyable destruction d‘une famille par la peur de la mort. Les ouvertures de Sac d’os ou de Désolation sont des modèles du genre.

Côté roman noir, j'admire les machinations criminelles de Frédéric Dard et leur précision, leur noirceur et leur pureté inégalées. C’est toi le venin, Le Pain des fossoyeurs, L’Accident, Le Tueur triste, Coma, Le Monte-Charge, Les Scélérats, sont des pierres sacrées.

Parmi les romans à énigme, c’est la mécanique implacable des Dix petits nègres d’Agatha Christie qui domine.

Mais dans ma bibliothèque on trouve aussi en bonne place :

Le très efficace Robert Ludlum, et sa trépidante trilogie sur Jason Bourne.

Le visionnaire Philip K. Dick, dont les nouvelles ont inspiré les plus grands metteurs en scène.

Le sanglant Jean-Christophe Grangé et ses Rivières Pourpres  qui ont sorti la France du bourbier polardeux.

Le furieux James Ellroy, capable d’écrire des trucs du genre « Lorna sourit, révélant assez de dents en or pour financer une révolution ».

Le redoutable Edogawa Ranpo, qui dans La Chambre Rouge aligne des nouvelles policières ciselées dans le génie.

Le brillant Douglas Kennedy, auteur d’un Cul-de-sac dont je ne suis toujours pas revenu.

L’agitateur Ayerdhal, dont le Transparences est plus tranchant qu’un katana.

En littérature blanche, je citerai mon favori, États sauvages de Stephen Wright, dont les titres de chapitres sont déjà un régal. Et puis quelques Français qui n’ont pas grand-chose à raconter mais dont le style est remarquable. Ainsi Christian Bobin qui nous envoûte dès la première page de La Folle Allure, et Christian Laborde, auteur à la faconde nougarienne du fameux Os de Dionysos. Appréciez la manière dont il ouvre un chapitre, en trois coups de cuillère à pot :
« Le vent à coups de poing dans les nuages. Mémé dans sa tombe ouverte. M. le Curé bénit le cercueil : "Souviens-toi que tu es poussière..." »


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