PHILIP LE ROY

La nouvelle révélation du thriller Français

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MA RENCONTRE AVEC O.C. BLUES

Le blues c’est l’essence de la musique, c’est de là que tout vient. En fait, on aime le blues sans le savoir. La rencontre avec O.C.Blues en 1994 dans une cave enfumée et bondée de Cagnes-sur-Mer a été la révélation. J’étais descendu à la source de la musique, généreuse, pure, sans fioriture. Du coup, entre deux disques de pop-rock, je me suis mis à insérer dans mon lecteur du Sam Cooke, du Albert King, du Elmore James, du Otis Redding et toute une horde de guitar killers, ceux qui ont inventé le rock et la pop.
Au départ, le groupe O.C.Blues était composé des frères Cosoleto. Le noyau dur, indestructible, fusionnel du groupe. José, Dominique et Tony écoutent et jouent du blues depuis le berceau. Il y avait du Canned Heat dans leur biberon et les moustiques de Louisiane venaient déjà les aiguillonner. Renaud Cugny les a rejoints plus tard avec son orgue Hammond B3. Puis se sont greffés les trois cuivres, Fabrice Vaure (sax), Georges de Martino et Jean-Vincent Lanzillotti (trompettes), ainsi que Richard Peyrichon, le leader virtuose des Hoochie Coochie Men, venu appuyer José au chant et à la guitare. Au fil des années, le talent s’est ainsi multiplié comme des petits pains autour du noyau dur.
Ce qui frappe tout d’abord quand on écoute O.C.Blues, c’est la voix de José, belle, black, soul, blues. Ses doigts courent avec virtuosité sur une guitare virevoltante pour sortir un son envoûtant ou agressif, qui riffe ou choruse avec les autres instruments. Derrière lui, ça assure aussi. Tony nous en met plein les yeux et les oreilles avec ses baguettes magiques tourbillonnant au-dessus d’une batterie qui nous mitraille d'émotions. Dominique aligne les lignes de basse avec une précision d’horloger suisse nourri à la cuisine italienne et bercé au rythme de la blue note, c’est lui le « Rythm » dans « Rythm'n'Blues ».

Sur scène, les boys enchaînent du Rhythm'n'Blues à faire danser les morts, du Chicago blues débridé, du New Orleans nostalgique, du jazz-blues vintage, du Delta blues, de la soul, du Blues Grass... Ils donnent une âme à la musique noire. Tout en feeling, en finesse, en intensité, en chaleur humaine, en énergie et surtout en générosité.

Alors forcément, lorsqu’ils me demandent de leur écrire des paroles, je me sens tout petit. Je propose timidement un texte, in English bien sûr, car chanter le blues en français c’est comme chanter les polyphonies corses en mandarin. La première chanson est inspirée d’un poème que j’ai écrit pour mon épouse, My Woman in Blues. Je livre le bout de papier à José qui s’isole dans un coin, bat aussitôt la mesure avec le pied, se passe la main dans les cheveux avant de la faire glisser sur ses cordes. Il a déjà une mélodie. Je reviens une semaine plus tard. La chanson prend forme. Totale émotion, miracle de l’art qui transforme les mots en musique. Pour les arrangements, il faudra être plus patient. Cela demande du temps. Et du talent. Laurent Cugny et George de Martino s’y collent. Perfectionniste, le groupe fignole, recommence, peaufine, répète. Pendant ce temps, je m’attelle à la tâche et j’écris onze chansons. José me facilite le travail en s’adaptant à mes paroles. Le blues n’est ni rebelle, ni contestataire, ni revendicatif. Le blues, c’est de l’émotion brute en prise directe avec le quotidien, c’est le mythe de la route, c’est une imploration vers une bien-aimée, une Baby. C’est la vie, avec ses hauts et ses bas. J’écris donc des tranches de bio, des instants présents, à mi-chemin entre le haïku et la nouvelle. Finalement, on n’est pas très loin du zen.
Au terme de milliers d’heures de création, de répétition, d’arrangement, d’enregistrement, de mixage, de concerts, le disque sort. Il est intitulé I’m Laid Back. O.C.Blues emballe le jury du festival Blues sur Seine et repart lauréat 2005 en catégorie électrique avant d’entamer une série de concerts qui se conclura par un album Live ! en 2008.


I'M LAID BACK

Cette chanson qui ouvre l’album d’O.C.Blues et lui donne son nom m’est venue à partir d’une expression que j’avais entendue dans la bouche d’un Américain rencontré lors d’un voyage aux States. Le gars possédait un restaurant à Austin, Texas et était marié à une Mexicaine belle à jouer dans un film de Roberto Rodriguez. Il prenait la vie comme elle venait, en puisant du bonheur dans chaque chose et dans chaque instant, sans se presser, sans stresser. « I’m laid back », que l’on pourrait traduire approximativement par « Je suis peinard », était son expression favorite. O.C.Blues a composé une musique voluptueuse qui sent le coucher de soleil et le repos du guerrier. On savoure particulièrement l’intonation de la voix de José qui nous fait entendre son cœur battre dans la phrase « And feel the steady beating of my heart », et le final tout en douceur et en délicatesse, comme un lent fondu au noir.
Quand le Blues rencontre Confucius :



I’m driving back home in my used car
With a red sunset sky in the background
A blues song is coming on the radio
As night is falling down without a wound.

(refrain)
Oh yes,
I'm laid back,
Oooohh
I'm laid back,
Oh yeah
I'm laid back,
Before I’m fading to black

(refrain)

Now I’m sitting back in a cane rocking chair
And I drink a beer in the summer darkness.
My baby comes on the porch for some air
She curls up by my side in the coolness.

(refrain)

I light my cigarette with a golden lighter
And I breath the true perfumes of the night
I hear the smooth squeak of the rocker
And feel the steady beating of my heart.

(refrain)

I know that the end is around around the corner
That one day, the game will be over
But before I die, I enjoy with my goddess
And try a little taste of happiness.


I GOT NOTHING

Intitulée à l’origine Blues zen, cette chanson est la deuxième de l’album. À la croisée de mon univers et de celui du blues, elle se résume à « ne rien posséder, c’est ne pas être possédé ». Le cow-boy solitaire renvoie au moine zen, le mythe de la route et du bivouac à l’harmonie cosmique. En contrepoint de l’énergie qui se dégage de la musique très jamesbrownienne qu’O.C.Blues a composée sur ces paroles, la ligne de basse de Dominique est envoûtante, aussi obsédante et sacrée qu’un mantra.
Quand le zen se conjugue au blues pour rendre hommage au western :


I light a fire under the stars
Burning my boots, burning my scars
I got no home to be in chains
I got no wishes to be at pains.
I got nothing, nothing but
The blues and a glass of whisky
I got nothing, nothing but
The blues, my guitar and me.

I hear the river down the hill
The sun and the moon make their deal
Nobody will send me the bill
I got no bank, no tank to fill.
I got nothing, nothing but
The blues and a glass of whisky
I got nothing, nothing but
The blues, my guitar and me.

(Instrumental)

I'm going my way, wild and free
I got nothing but the blues in me
I got no TV to hear bad news
I got no job that I can lose
I got nothing, nothing but
The blues and a glass of whisky
I got nothing, nothing but
The blues, my guitar and me.

(Instrumental)


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